Table des matières
ToggleLe 29 juillet 2026, Solana a activé sur son réseau principal SIMD-0286, une mise à jour qui augmente le maximum de travail pouvant tenir dans chaque bloc de 60 à 100 millions d’unités. En pratique, chaque bloc a désormais 66 % de capacité en plus pour traiter les transactions, sans modifier les 400 millisecondes nécessaires à sa production. Ci-dessous, nous expliquons ce que sont ces unités de calcul, pourquoi la limite a été relevée maintenant et ce que cela implique pour le réseau.

Les unités de calcul (compute units, CU) sont la façon dont Solana mesure le coût computationnel du traitement des transactions. Pensez-y comme des sièges dans un avion : chaque instruction au sein du réseau — un transfert, une opération DeFi ou une écriture dans un oracle — consomme un certain nombre de CU ou « sièges ». Chaque bloc dispose d’un budget de capacité maximum.
Avant cette mise à jour, l’avion avait 60 millions de sièges et, lorsque ce budget était épuisé pendant les pics d’activité, le reste des transactions devait attendre le suivant. Désormais, l’avion a 100 millions de sièges, permettant à davantage de transactions de tenir dans chaque bloc sans rester en liste d’attente.
Il est important de préciser que mesurer la limite en unités de calcul n’est pas la même chose que le « nombre de transactions par seconde » (TPS) , car le TPS final dépend de la complexité individuelle de chaque opération et d’autres facteurs du réseau.
Pendant les périodes de calme, 60 millions de CU offraient une marge confortable, mais lors des pics de demande, ce plafond agissait comme un goulet d’étranglement. Bien que le réseau ait implémenté SIMD-0256 pour relever la limite de 50 à 60 millions de CU, la pression des développeurs a continué d’augmenter, rendant ce nouveau saut de capacité nécessaire.
Cette hausse répond à la demande croissante d’applications telles que les DEX, le restaking et le MEV. Selon la Fondation Solana, 11,2 % des blocs frôlaient la saturation en dépassant les 56M de CU lors des pics de trafic, provoquant des échecs de transactions et des frais plus élevés.

Le moment clé est venu après la validation de la proposition de Lucas Bruder (Jito Labs) sur devnet et la satisfaction d’une condition indispensable : que plus de 70 % du stake fonctionne avec XDP. Cette technologie accélère la propagation des données entre les validateurs, permettant d’étendre la capacité à 100M sans créer de goulets d’étranglement sur le réseau.
|
Ce qui CHANGE |
Ce qui NE CHANGE PAS |
| Capacité totale : Plus de transactions par bloc (+66 %). | Temps de génération : Reste à 400 ms par slot. |
| Marge face aux pics : Moins d’échecs dus à la congestion en période de fort trafic. | Limite par compte : Reste à 12M CU maximum par compte accessible en écriture. |
| Fonctionnement des apps : Les protocoles DeFi et les oracles regroupent les opérations plus facilement. | Compatibilité : Aucune modification de code requise pour les dApps existantes. |
Maintenir la limite individuelle par compte à 12M CU tout en augmentant le total à 100M vise un objectif clair : forcer la capacité supplémentaire à se répartir entre de nombreuses applications différentes et empêcher qu’une seule dApp ou un seul bot n’absorbe tout l’espace du bloc.
Derrière ce saut, il n’y a pas un seul précepte, mais un processus de gouvernance technique et de consensus communautaire. Proposée en mai 2025 par Lucas Bruder, l’amélioration SIMD-0286 a été testée avec prudence sur testnet et devnet avant d’arriver sur le réseau principal.

Passer directement de 60M à 100M de CU a été rendu possible grâce aux progrès accumulés dans les clients validateurs et à l’adoption préalable de XDP par plus de 70 % du stake.
Pour l’utilisateur ordinaire, le changement est totalement invisible : le portefeuille fonctionne de la même manière, mais le réseau répond de manière plus fluide. Cela démontre comment une blockchain décentralisée évolue grâce à des propositions ouvertes, une validation technique et un déploiement coordonné. Désormais, la question n’est plus de savoir si le réseau peut évoluer, mais combien de temps il faudra pour que la demande se rapproche du nouveau plafond.